Photographie
Il déploie dans les séries Cadence les fondements de son travail, mettant d’abord en jeu la notion de série, puis s’amusant des valeurs d’objectivité et de subjectivité intrinsèques à la photographie tout en mettant en lien les différents protocoles et sujets qui vont constituer son champ lexical et plastique. Il énonce comme indissociable et essentiel la distance, la position et le mouvement respectif entre le photographe et son sujet, explorant ces champs de manière conceptuelle, esthétique mais aussi physique. Ces protocoles lui permettent de postuler en proche ou en loin, en profondeur ou en surface et situent la forme qui servira le fond pour ainsi décliner, formuler, imprimer l’endroit, la trame, l’objet de ses photographies.
A partir de là, Nicolas Boudier s’emploie à mettre en œuvre la relation entre objet et sujet, réel et irréel, entre fiction et réalité, questionnant la véracité des objets, s’interrogeant sur la réalité des choses, traitant avec l’illusion au travers de sa photographie comme dans ses installations virtuelles pour le spectacle vivant.
La lumière comme constituant est également centrale dans son travail mais reste un électron libre de toute contrainte dans l’œuvre qu’il construit au quotidien, traversant en permanence ses images avec grâce ou laideur, s’invitant souvent là où on ne l’attend pas comme si elle utilisait de façon autonome ses propriétés quantiques, apparaissant sous formes naturalistes ou plus conceptuelles, elle est le lien particulier que Nicolas Boudier entretient avec la peinture et les arts plastiques plus généralement faisant de sa photographie un dialogue permanent avec l’histoire de l’art.